DAC7 location saisonnière : reporting fiscal et seuils 2026
DAC7 location saisonnière : qui est concerné, seuil de 30 transactions et 2 000 €, données transmises au fisc par les plateformes et erreurs à éviter.
Sommaire 6 parties
DAC7 et location saisonnière : ce qui change vraiment en 2026
La directive DAC7 appliquée à la location saisonnière impose aux plateformes numériques (Airbnb, Booking, Abritel, Gîtes de France, etc.) de collecter et transmettre chaque année à l'administration fiscale les revenus générés par leurs hôtes. Concrètement, dès qu'un loueur perçoit des loyers via une plateforme opérant dans l'Union européenne, ses données personnelles et financières sont automatiquement remontées au fisc du pays de résidence, avec un mécanisme d'échange entre États membres. Pour 2026, la campagne déclarative porte sur les revenus de 2025 et couvre l'ensemble des locations meublées de courte durée, qu'il s'agisse d'une résidence principale louée occasionnellement ou d'un parc de meublés de tourisme.
Qui est concerné ?
Sont visés :
- Les particuliers louant un ou plusieurs biens meublés en courte durée.
- Les loueurs en meublé non professionnel (LMNP) et professionnel (LMP).
- Les SCI à l'IS ou les sociétés commerciales exerçant une activité para-hôtelière.
- Les propriétaires de résidences secondaires proposées ponctuellement à la location.
Il existe une exemption pour les hôtes réalisant moins de 30 transactions dans l'année ET moins de 2 000 € de revenus bruts sur une même plateforme. Sous ce double seuil, la plateforme n'a pas à transmettre les données, mais l'obligation fiscale personnelle du loueur reste entière.
Quelles données sont transmises ?
Les plateformes remontent au minimum :
| Catégorie | Détail |
|---|---|
| Identification | Nom, prénom, adresse, date de naissance, NIF/SIREN |
| Compte bancaire | IBAN utilisé pour percevoir les loyers |
| Bien loué | Adresse exacte, numéro d'enregistrement en mairie, type de bien |
| Revenus | Montant brut trimestriel, nombre de nuitées, frais et commissions retenus |
Ces informations sont ensuite pré-remplies (partiellement) sur la déclaration 2042-C-PRO et confrontées aux montants déclarés par le loueur. Toute divergence significative déclenche une demande de justification, voire un contrôle.
Régime fiscal applicable
Le régime dépend du chiffre d'affaires et de la nature du bien :
- Micro-BIC pour meublé de tourisme non classé : abattement de 30 % jusqu'à 15 000 € de recettes.
- Micro-BIC pour meublé de tourisme classé : abattement de 50 % jusqu'à 77 700 € de recettes en 2025 (83 600 € en 2026).
- Régime réel : obligatoire au-delà des seuils, souvent plus avantageux grâce à l'amortissement du bien.
Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, les abattements ont été réduits pour tous les meublés de tourisme à partir des revenus 2025, ce qui rend le régime réel encore plus attractif pour beaucoup de loueurs.
Erreurs fréquentes à éviter
- Oublier de déclarer en pensant que la plateforme le fait à votre place : la remontée prévue par DAC7 est informative, pas déclarative.
- Confondre revenu brut et net : le fisc reçoit le montant brut avant la commission d'Airbnb ; c'est également ce montant qu'il faut reporter.
- Négliger le numéro d'enregistrement en mairie, obligatoire dans plus de 200 communes et remonté via DAC7.
- Ignorer la CFE (cotisation foncière des entreprises), due dès la première année d'activité pour les LMNP.
Bonnes pratiques pour 2026
- Téléchargez chaque trimestre le récapitulatif fiscal fourni par vos plateformes.
- Rapprochez ces montants de votre comptabilité (idéalement tenue en régime réel).
- Conservez les justificatifs de charges pendant 10 ans.
- Anticipez la déclaration de mai 2026 en centralisant vos données dès janvier.
En traitant sérieusement la déclaration DAC7 de votre location saisonnière, vous transformez une contrainte administrative en un levier de sécurisation fiscale : plus de mauvaises surprises, une trésorerie prévisible et un dossier solide en cas de contrôle.