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Déclaration meublé de tourisme : obtenir son numéro d'enregistrement en mairie

La déclaration meublé de tourisme est une obligation légale trop souvent négligée par les propriétaires qui se lancent sur Airbnb, Booking ou Abritel. Pourtant, louer un logement à une clientèle de passage sans avoir effectué les démarches préalables en mairie expose à des amendes pouvant atteindre 50 000 € par logement, et au retrait pur et simple de l'annonce par les plateformes. Ce guide passe en revue, étape par étape, les formalités à accomplir, le rôle du numéro d'enregistrement, les communes concernées et les pièges à éviter en 2026.

Ce qu'est juridiquement un meublé de tourisme

Un meublé de tourisme est défini par l'article L32411 du Code du tourisme comme une villa, un appartement ou un studio meublé, loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, pour une durée maximale de 90 jours consécutifs par locataire. Cette qualification est indépendante du fait que le bien soit votre résidence principale ou un investissement locatif. Trois critères distinguent ce statut d'une location classique :

  • la durée des séjours (courts, sans bail d'habitation classique) ;
  • la qualité des occupants (touristes, professionnels en déplacement) ;
  • l'équipement complet du logement (literie, vaisselle, électroménager).

Pourquoi la déclaration meublé de tourisme est obligatoire

Depuis la loi ALUR puis la loi ELAN, et plus récemment la loi « Le Meur » du 19 novembre 2024, le législateur a renforcé l'encadrement des locations courtes durées. La déclaration meublé de tourisme poursuit trois objectifs : 1. Permettre aux communes de contrôler l'offre touristique sur leur territoire, notamment dans les zones tendues. 2. Faciliter la collecte de la taxe de séjour auprès des plateformes. 3. Lutter contre la transformation massive de logements résidentiels en hébergements touristiques. Toute location de courte durée doit donc, sauf exceptions très limitées, faire l'objet d'une démarche administrative préalable.

Les deux régimes : déclaration simple ou autorisation de changement d'usage

La déclaration simple en mairie (formulaire Cerfa 14004) Si vous louez votre résidence principale (occupée au moins 8 mois par an) moins de 120 jours par an, ou si vous louez une résidence secondaire dans une commune qui ne soumet pas la location à autorisation, une simple déclaration en mairie suffit. Vous remplissez le Cerfa 1400404 et recevez un récépissé. L'autorisation de changement d'usage Dans les villes de plus de 200 000 habitants, ainsi qu'en petite couronne parisienne et dans certaines communes touristiques (Annecy, Biarritz, SaintMalo, Bordeaux, Nice…), louer un logement entier qui n'est pas votre résidence principale exige une autorisation de changement d'usage délivrée par la mairie. Cette procédure est plus lourde : elle peut imposer une compensation (transformer une surface commerciale équivalente en logement) et fait l'objet d'un examen au cas par cas.

Le numéro d'enregistrement : obligation depuis 2024 sur tout le territoire

Historiquement réservé à certaines grandes villes, le numéro d'enregistrement est désormais généralisable à toute commune qui en fait le choix par délibération. Concrètement : Absence ou inexactitude du numéro = amende civile pouvant aller jusqu'à 12 500 €.

  • vous effectuez la téléprocédure sur le portail dédié de votre commune ;
  • vous recevez un numéro à 13 caractères ;
  • ce numéro doit obligatoirement figurer sur toutes vos annonces (Airbnb, Booking, Abritel, Gîtes de France, site personnel) ;
  • les plateformes ont l'obligation de bloquer la mise en ligne d'une annonce sans numéro valide dans les communes concernées.

Classement, fiscalité et avantages associés

Le classement en étoiles (de 1 à 5), obtenu auprès d'un organisme accrédité Cofrac, n'est pas obligatoire mais ouvre droit à un abattement fiscal plus favorable en régime microBIC (depuis la réforme 2025 : 50 % pour les meublés classés, 30 % pour les non classés, plafond ramené à 15 000 €). Il facilite aussi la commercialisation auprès des comités d'entreprise et des plateformes spécialisées. À noter également : la déclaration meublé de tourisme déclenche l'inscription au registre national des entreprises (RNE) et l'obtention d'un numéro SIRET dès le premier euro encaissé.

Sanctions encourues en cas d'omission

| Manquement | Sanction maximale | | | | | Défaut de déclaration en mairie | 5 000 € | | Défaut de numéro d'enregistrement sur l'annonce | 12 500 € | | Dépassement du quota de 120 jours (résidence principale) | 15 000 € | | Changement d'usage non autorisé | 50 000 € par logement | | Fausse déclaration | 80 000 € + 1 an de prison |

Checklist avant de mettre en ligne votre annonce

1. Vérifier le règlement de copropriété et l'absence de clause d'habitation bourgeoise exclusive. 2. Identifier le régime applicable dans votre commune (téléservice, autorisation, quota). 3. Effectuer la déclaration meublé de tourisme via le Cerfa 14004 ou le téléservice local. 4. Récupérer et reporter le numéro d'enregistrement sur chaque annonce. 5. Souscrire une assurance PNO adaptée à la location courte durée. 6. Déclarer l'activité au guichet unique des formalités des entreprises (INPI). 7. Mettre en place la collecte de la taxe de séjour.

En cas de doute, sollicitez votre mairie

Les règles varient sensiblement d'une commune à l'autre, et plusieurs villes ont durci leur cadre en 20252026 (quotas annuels abaissés à 90 jours, plafonds de logements par bailleur, zones rouges où l'autorisation est désormais refusée). Avant tout investissement, un courriel au service urbanisme ou à la direction du logement de votre commune permet d'éviter une déconvenue coûteuse. La déclaration meublé de tourisme bien conduite est non seulement une obligation, mais aussi un signal de sérieux auprès des plateformes, des voyageurs et de l'administration fiscale.